Rénover une maison des années 70 dans le pays d’Aix : par où commencer
Petites pièces, couloirs, niveaux décalés et menuiseries d’origine : ces maisons ont presque toutes les mêmes défauts, et presque toujours les mêmes ressources.
Dans le pays d’Aix, une grande partie du parc de maisons individuelles date des années 60 à 80. Elles se ressemblent beaucoup : des pièces cloisonnées, un couloir qui mange de la surface, des demi-niveaux, une cuisine fermée au fond, et des menuiseries d’origine. Elles se ressemblent aussi par ce qu’elles offrent — des volumes généreux, des murs qui ne sont presque jamais porteurs, et une orientation souvent bien pensée.
Commencer par ce que la maison permet, pas par ce qu’on voudrait
La première question n’est pas « quelle cuisine ». Elle est : qu’est-ce qui porte ? Sur ces maisons, la structure repose généralement sur des refends et des poteaux bien identifiés, et les cloisons de distribution sont en carreaux de plâtre ou en briques creuses. Autrement dit : la plupart des cloisons peuvent tomber, mais pas toutes, et le relevé sert précisément à faire la différence.
Je relève donc l’existant avant toute proposition : cotes réelles, hauteurs, position des descentes d’eau, tableau électrique, arrivée de gaz. Ce relevé coûte une demi-journée et évite des mois d’ennuis.
Les demi-niveaux ne sont pas un défaut
Beaucoup de propriétaires voudraient les supprimer. C’est presque toujours coûteux et rarement nécessaire. Un décrochement de trois marches entre la cuisine et le séjour délimite naturellement les deux fonctions : une fois l’espace ouvert, il fait le travail qu’on aurait demandé à une cloison. Je m’en sers plutôt que de le combattre.
L’ordre des décisions
Voici l’ordre dans lequel les arbitrages se prennent, et il ne change pas beaucoup d’un chantier à l’autre :
1. La distribution : où sont les pièces, et comment on circule.
2. Les réseaux : électricité, plomberie, ventilation, chauffage, parce qu’ils conditionnent les cloisons.
3. Les menuiseries et l’isolation, qui déterminent le confort d’été — décisif en Provence.
4. Les revêtements et le mobilier, qui viennent en dernier même si ce sont eux qu’on a en tête depuis le début.
Le confort d’été avant la décoration
Une maison des années 70 mal protégée devient invivable en juillet. Volets, brise-soleil, isolation de toiture, ventilation nocturne : ces postes ne se voient pas sur les photos, mais ce sont eux qui décident si la maison sera agréable. Je les traite en même temps que la distribution, pas après.
Ce qu’on garde
Ces maisons ont souvent des sols en tomette ou en carrelage d’époque, des menuiseries intérieures en bois massif, parfois une cheminée maçonnée. Avant de tout déposer, il vaut la peine de regarder ce qui peut être restauré : c’est presque toujours moins cher que du neuf, et c’est ce qui empêchera la maison rénovée de ressembler à toutes les autres.